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Anne-Marie Guehria, 2008

COMMENTAIRE DE L’ARTICLE « LE COMPLEXE FRATERNEL » DE RENE KAES par Anne-Marie GUEHRIA, 2008

L’article de René KAES « Le Complexe Fraternel », paru en 1993 (1) est passé relativement inaperçu, du moins à ma connaissance. KAES y ouvre un vaste chantier, qui aboutira à la parution en 2008 de l’ouvrage,portant le même titre. Il s’agit pour lui, puisqu’il est question de complexe et non de lien, de définir l’organisation psychique inconsciente du sujet, en tant que frère ou sœur, dans ses conflits intrapsychiques et intersubjectifs et de poser la question de son articulation au complexe d’Œdipe, voire de son antériorité.

Ce que Kaës va s’attacher à démontrer, c’est que le complexe fraternel se définit comme une organisation majeure de la vie psychique distincte du complexe d’Œdipe.

C’est à partir des difficultés rencontrées dans une cure que KAES réinterroge ses repères théoriques et revisite les écrits sur le fraternel chez Freud, Laplanche et Lacan.

Il va également interroger les mythes, les textes fondateurs, mais aussi les contes, avant de proposer les bases de deux concepts organisateurs du complexe fraternel : le double narcissique et la bisexualité adelphique.

KAES part de la clinique et nous expose l’analyse d’un de ses patients, au cours de laquelle il se trouva confronté à la nécessité d’analyser le conflit fraternel de ce patient autrement que comme un déplacement ou un évitement du conflit oedipien.
Ce patient, aux prises avec un désir meurtrier à l’égard de son frère cadet, n’était pas accessible à des interprétations faisant appel à un registre oedipien, tel que le déplacement défensif d’un désir parricide, m ais comme la réalisation imaginaire de deux désirs intriqués.

Sur un plan fantasmatique, ce frère, né d’un inceste oral sadique avec la mère, le délogeait de sa position de complément narcissique phallique de la mère.
Mais tuer ce frère collé à sa mère le privait du lien de sensualité, de chaleur, d’odeur et de toucher, lien qu’il pouvait maintenir à travers le frère, lien archaïque, violent, dans lequel apparaît la dimension homosexuelle incestueuse fraternelle, mais aussi lien d’amour-haine pour la mère, haine projetée sur le frère, frère dépotoir dans lequel il pouvait déposer toutes les représentations et affects intolérables pour protéger la mère et maintenir une image idéalisée de lui-même, lui permettant de demeurer l’unique, le phallus maternel.

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